Les traditions de filiations en Grèce

Pour ce qui se sont toujours demandé pourquoi un grand nombre de Grecs s'appellent Nikos, Dimitris, Yannis, Kostas et autres Giorgos, cette page est faite pour vous :)

Une tradition héritée de l'Empire Ottoman

En Grèce, la tradition veut que le premier fils porte le nom de son grand-père paternel.
Ensuite, si un deuxième garçon naît, il est d'usage de lui donner le nom de son grand-père maternel.
Et si le couple a un troisième garçon, il se passe quoi ? Eh bien dans ce cas les parents lui donneront le nom qu'ils veulent.

Pour les filles c'est pareil : La première fille portera le nom de sa grand-mère paternelle, la deuxième fille celui de sa grand-mère maternelle et pour la troisième fille, c'est ces parents qui choisiront son nom.

Voici un petit exemple pour illustrer la façon dont ça se passe si on respecte la tradition :
Si un homme qui s'appelle Nikos a trois fils et que tous les 3 ont des garçons parmi leurs enfant, et bien ils appeleront Nikos leur premier fils.
Maintenant vous savez pourquoi il y a autant de Nikos, de Dimitris ou de Yannis en Grèce ;)

Par contre, aujourd'hui, les gens prennent un peu plus de liberté avec la tradition et il est assez fréquent qu'ils choisissent eux mêmes le nom de leurs enfant.
C'est pareil dans les autres pays ayant fait partie de l'Empire Ottoman : Cette tradition de filiation existe toujours mais elle est de moins en moins utilisée.

En effet, aujourd'hui, la quasi-totalité des citoyens issus de ces pays ont des noms de famille, ce qui n'était pas le cas avant les années 1930, en tout cas pour certains de ces peuples.
Par exemple, la plupart des Turcs ne possédaient pas de noms de famille avant 1937, année au cours de laquelle le fondateur de la Turquie, Kemal, a obligé les Citoyens de son nouvel Etat à en prendre un, lui-même adoptant d'Atatürk (qui signifie "Père des Turcs") comme nom de famille.

Le fait est que : Avec l'acquisition des noms de famille, les prénoms sont un peu moins importants qu'auparavant au niveau de la filiation puisqu'ils sont dorénavant complétés par les noms de famille.
Alors qu'à l'ère Ottomane, pour se présenter, une personne devait par exemple au moins donner son prénom, celui de son père et la profession de ce dernier à son interlocuteur.
Par exemple : Yannis, fils de Dimitris le cordonnier, lui-même fils de Yannis le cordonnier (souvent les professions étaient héritées aussi).

Cette tradition de filiation marque la continuité de la famille et a également un rôle inclusif vis à vis des enfants, êtres issus de l'union de deux personnes eux-même issus de deux familles différentes.